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Liberté, égalité, fraternité : un possible ?

Bonjour,

J’espère que vous allez bien !

J’ai pris l’habitude depuis quelques temps de prendre ma plume pour honorer la Lune pour les pleines lunes et les nouvelles lunes. Ce matin, c’est plutôt une tranche de vie personnelle qui me pousse à vous écrire.

Important :

Je ne souhaite en aucun cas par ce texte vous convaincre de quoi que ce soit en matière de politique ou tout autre sujet. Je prône avant toute chose la liberté de pensée, d’expression et d’action.

Je suis Anne-Sophie Casper. Née en France il y a 39 ans, je suis canadienne (québécoise dans le coeur) depuis 2022 et réside actuellement en Suisse. Plus jeune, j’ai refusé à plusieurs reprises de m’engager en politique, préférant le faire au sein d’associations laïques ou religieuses. Ayant quitté la France depuis 6 ans (notamment en raison de la montée du FN), vous pourriez légitimement me dire que tout ce qui se passe depuis quelques semaines dans le pays voisin n’est plus « mon problème ». Supposant une future déconnexion de la réalité en partant vivre à 6000km, je m’étais renseignée pour être radiée des listes électorales françaises afin de ne pas être comptabilisée dans l’abstention (au sujet de mon devoir de citoyenne, je peux être assez radicale). N’étant pas déchue de mes droits, décédée ou inscrite sur une liste électorale consulaire, cela m’a été refusé. À quelques jours du 2e tour des élections législatives anticipées, je ne regrette pas mon choix. Cependant, je ne vous cache pas qu’une partie de mon coeur est brisée.

Je pense aux multinationaux, aux étrangers, aux migrants qui fuient la guerre, aux femmes (de la jeune génération sans oublier nos ainées qui se sont battues pour leur droit de vote il y a 80 ans) en passant par les acteurs de la culture, de l’édition et des médias (en particulier les intermittents du spectacle dont j’ai fait partie pendant de nombreuses années).

Liberté, égalité, fraternité

En France, l’une de mes meilleures amies est d’origine marocaine. Elle est de confession musulmane comme une cousine athée, convertie depuis quelques années. J’ai grandi dans une famille catholique pratiquante et depuis toujours, j’ai fréquenté des chrétiens, des juifs, des bouddhistes, des athées et même des Témoins de Jéhovah. Jeune, j’ai cultivé des amitiés parallèles avec des personnes vivant dans la précarité des cités sensibles comme dans les plus chics hôtels particuliers de l’ouest parisien. La multiculturalité a toujours fait partie de ma vie. Pourtant, je vous mentirais si je vous disais que je n’ai jamais été attentive aux discours, aux écrits et aux actions de l’extrême droite aux côtés de leurs partisans. Victime de racisme et d’agressions violentes, j’étais jeune adolescente lorsque j’ai été traitée pour la première fois de « toubab ». J’aurai pu « basculer » très rapidement dans une haine de l’autre en généralisant mon histoire, mon expérience et mon vécu. Croyez-moi l’intelligence du coeur est bien plus forte que cela. Même si les blessures mettent du temps à être pansées, quand elles sont réellement pensées, elles éloignent immédiatement la bêtise, l’ignorance et la méchanceté.

La puissance du coeur, le liant de la fraternité humaine

Je crois profondément que nos valeurs humaines ne sont pas négociables, métamorphosables ou supprimables. « Je te respecte mais… », « Je ne suis pas raciste mais… » : c’est non. La valeur « amour » même si elle peut être parfois bien cachée (oui oui, loin derrière l’intolérance, l’irrespect, le racisme) est commune à tous les êtres humains. J’ai d’ailleurs dédié un petit oracle à cette valeur universelle que j’aurai adoré envoyer gratuitement à toutes les personnes qui l’on enfermée au fond de leur cachot intérieur depuis bien trop longtemps… Bref, je m’égare !

Nous ne sommes pas le 4 février (journée internationale de la fraternité humaine), pourtant il est essentiel pour moi d’écrire ces mots. En tant qu’auteure et créatrice, c’est ma manière de m’exprimer, d’évacuer et de transmuter, ne m’en voulez pas 🙂 La fraternité et l’humanité n’ont pas de couleur, de dogme, de religion, de sexe ni de race (précision importante, nous faisons tous partie de la même : la race humaine). Selon wikipedia la fraternité est : « l’expression d’un lien affectif et moral qui unit une fratrie [mais aussi] un lien de solidarité et d’amitié à d’autres niveaux : on peut parler de fraternité au sein d’une association qui unit ceux qui luttent pour la même cause ou encore les fraternités scoute, franc-maçonne, monacale, sportive… ». Que vous ayez baigné dès le plus jeune âge comme moi dans certaines de ces fraternités ou non, à mes yeux nous faisons toutes et tous partie d’une fraternité qui nous lie ensemble : l’humanité. Dans wikipedia toujours, il est écrit : « la fraternité fait résonner l’idée que tous les êtres humains sont frères et devraient se comporter comme tels, les uns vis-à-vis des autres. C’est le sens de la devise de la République française. La fraternité est un état d’unité, entre plusieurs personnes. C’est un sentiment qui dépasse l’égo, qui rassemble plusieurs « moi » pour faire un « nous ». Cet ensemble porte à son fondement le respect de la personne humaine, le « moi », c’est donc un ensemble de personnes assemblées, de volontés personnelles combinées en un mouvement. » La France, c’est vous, c’est moi, c’est nous, tous ensemble quelles que soient nos différences et nos divergences.

Je ne souhaite pas envenimer un débat où les points de vue extrêmes, binaires et violents font échos à de trop grandes blessures, personnelles et collectives. Ce à quoi j’aspire, c’est que chaque personne résidant dans mon pays d’origine puisse être respecté et jouisse de la liberté de vivre la vie qu’elle a choisie de mener, dans le respect des autres, malgré les différences. Le vivre ensemble ne peut se résumer en un choix cornélien entre deux routes pré tracées : « c’est blanc, c’est bon, c’est juste » et « c’est noir, c’est faux, c’est mauvais ». Et si un troisième chemin, celui de l’équilibre dynamique, teinté de gris, parfois d’un peu plus de blanc ou de noir, pouvait être possible ? Je crois profondément en l’être humain, en son pouvoir, sa créativité et ses ressources. La fraternité et l’humanité sont encore possibles… « Impossible ? Non. Un possible. »

Merci de m’avoir lue.

Prenez grand soin de vos belles énergies.

Je vous souhaite une lumineuse journée.

Anne-Sophie

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